Archive for novembre 2008

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Le hockey pour les filles: Garde-partagée.

novembre 28, 2008

Par Miss Miller

Une fois de temps en temps, pour exercer d’autres muscles que celui du hockey… Miss Miller collabore avec P45, un web magazine, vraiment chouette (oui, je sais, c’est moche, le mot chouette mais c’est plus fort que moi!). Genre de garde partagée, une fin de semaine par mois.

À lire en cliquant ici.  Miss Miller sur P45, en attendant Ovetchkin. Ça parle de Noël.

À demain!

______Le hockey pour les filles est une chronique pour mon amie Mimi. On est quitte, tu m’as amenée à la parade du Père Noël, t’es venue chez Normand!

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Le hockey pour les filles: Bob-le-gérant, pillier des soirs sports

novembre 26, 2008

Par Miss Miller
Avant MTL-Détroit


Ma première rencontre avec Bob a frôlé le désastre

En février, quand le Canadien joue fort, les matches contre Ottawa donnent au bar chez Normand, des allures souks turcs et placer tous ces gens exige un doigté digne d’un joueur de Tétris.

Ce soir-là, le portier au polar rouge se promenait avec autorité et tentait de faire entrer des groupes de 12 sur des tables de 4 afin de satisfaire à la demande. J’avais été victime de la méthode et étais passée, le temps de l’avant-match, de la table numéro 27 au deuxième trio puis à celle de Kostopoulos. Je doutais de ma chance de gagner un shooter si joueur compte but. Quand le tyran avait offert ma chaise de plastique à un Stéphane, me coinçant ainsi sur le banc droit devant pas d’écran, à côté de la machine à peanuts, j’avais accepté mon sort. Il m’avait tabletté sur la galerie de la presse. Mes protestations m’avaient valu un regard qui signifait «écoute ma jolie, sois polie, je travaille.».

Ce soir là, pourtant, Montréal n’a pas compté du tout et, comme la diplomate Mimi m’avait cédé sa place avec vue sur les changements de trios, j’ai oublié l’affront de la place poche et placoté joyeusement avec la table voisine. Et comme le gars qui avait hérité de ma chaise était finalement pas mal sympa, Bob avait gagné, bien avant la troisième, mon indéfectible respect.

Pas tant un gérant qu’un pillier

Je l’ai rencontré sur une terrasse, un chaud après-midi de septembre. On faisait le count-down vers la nouvelle saison mais on est vite devenu nostalgique.

Le soir, tu sais, où le DJ avait changé la toune des buts du Canadiens…Et puis quand tu avais assis B., à côté de moi…Le match contre Toronto, où il y avait tant de buée sur les fenêtres et les bucks…Le jersey de Boston, qui servait de tapis d’entrée, aussi…Essaie pas, Bob, tu m’avais donné la place poche parce que je suis une fille!

«Au fond, tu faisais quoi, chez Normand ?»

Pour moi, c’était simple, Bob, c’est l’âme de la place, voire de l’Avenue Mont-Royal.

Mais si, certains soirs, à le voir crier, grimpé sur sa chaise, il fait plutôt figure de chearleader trash, ses fonctions de portier lui avaient valu l’amicale épithète de Bob-le-gérant. Lui-même se décrit plutôt comme l’hôte de ces soirées. Hockey night chez Norm, hosted by Bob…

Le portier m’ouvre la porte de son monde… Accueillir, est un art, qu’il me dit.

«Je vous analyse, en fait. Je regarde les styles, le langage, les intérêts puis, je vous regroupe, pour que vous passiez une belle soirée… J’ai des catégories… A, B, C, un peu de filles, une couple de gars… (Je me sens soudain vaguement manipulée, et fait l’introspection rapide, analyse de mes compatriotes de table, classement des souvenirs…Je dois être un… b+ je peux pas croire? ) De son mandat, il peut dressé un bilan positif : il a créé comme ça quelques couples, bien plus d’amitiés, une tonne de moments mémorables, deux-trois trous de mémoires, aussi, dommages colatéraux. On espère qu’il soit soumis au secret professionnel, d’ailleurs.

Il a un don, c’est fou, pour tisser des liens entre les gens, une vraie tricoteuse. Et sans tout lui donner le mérite il est évident que, ce gars, il a contribué à faire de cette ancienne taverne, un lieu de prédilection, une institution. Un lieu de culte où on célèbre, soir après soir, avec oui, bon, la participation d’un verre ou deux, le culte au hockey avec le plus grand sens du sacré.

Chez Normand, ça crie fort et ça regarde l’écran.

Is it the year ?


Si Bob n’y travaille plus, il est toujours in a relationship with la Normande. Les soirs de Canadiens, il est fidèlement au poste et reçoit des coups de fils de la moitié de la ville; sa carte SIM est à faire pâlir un relationniste. Sa table est bondée et il a droit, souvent, à celle de Tanguay.

Et cette saison où la ville est le centre de la planète hockey, ce partisan fini quitte pour le sud et s’en va travailler tout l’hiver au soleil.

«Alors, tu ne verras pas la saison, Bob ? Tu ne vas pas manquer ça…This is the year, Bob !

– Ah non, qu’il me dit, je vais voir les matches, il y un bar, là-bas, qui les diffuse…»

J’ai alors une image mentale complètement psychédélique de cet ancien pompier, dans un club Med, debout sur une chaise de plage et entouré de gringos et de Mexicains qui hurlent des go-habs-go-tue-le-Komo en buvant des drinks tropicaux !

Mais d’où ça vient, cette idée de partir, comme ça, cet hiver…
Bob prend un air sérieux que je ne lui connaissais pas trop.

« Besoin de prendre l’air. Je me suis souvenu Hemingway, le Vieil homme et la mer, dit-il. Tu sais, voir la mer et mourir…»

Ok, drama queen ! On va dire voir la mer et revenir pour les playoffs, ok ? Ils vont t’attendre, on commencera pas sans toi.

Le hockey pour les filles est une chronique mon amie Mimi. Mimi, Toi, t’es définitivement un A+.

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Le hockey pour les filles: One of the boys ou Printemps 1993

novembre 24, 2008

Par Miss Miller
( pendant le retrait du jersey de P. E. Roy ET le match MTL-NYI)

Ce qui est bien, du retrait du numéro 33, c’est qu’une génération émergente commence à se souvenir. La mienne. En néo-trentenaire, je suis une jeune vieille. Cet événement nous fait émettre nos premiers «t’en souviens-tu», nos premières nostalgies de hockey, comme si, du coup, on était maintenant aussi, porteurs de mémoire.

Les ‘80

J’entendais, aujourd’hui, raconter le match pré-saison que Roy, un junior encore, avait arraché en prolongation aux Oilers de Gretzky and Friends… Ah oui, quand même, quelle époque. Celle où Grezky était LE JOUEUR de tous les enfants d’Amérique dont moi, où je portais la robe et jouais à la marelle.

Fan(ne) de hockey depuis le berceau, la fille. Québécoise d’origine de parents Montréalais. Ils sont CH, je suis Nordique. Du moins c’était le raisonnement des adultes. Première enfant de mes deux familles, j’étais la reine, mais, quand je voyais père, parrain et grand-père, faire du Canadien et de Hockey night une religion, je n’avais qu’une envie : être one of the boys.

Ça n’a pas marché, il m’ont acheté un gilet bleu. Je l’ai encore dans mon tiroir de bas.

Les ‘90

En ’93, donc, j’avais 14-15 ans, l’âge du consentement : résolument Canadienne, question hockey.

Pourtant, cette année-là, c’était Québec, la ville hockey. Fin du vache-maigrisme, Québec faisait peur, question talent. Faire la liste de noms, ça vous rappellerait le bijou qu’on a perdu lors de la vente de ce club. On a parlé hockey, toute l’année, dans chaque cours, chaque pause, avec quelques copains, ces gars-là m’ont appris presque tout ce que je sais. Quand on est entré en série, Olivier et moi, on était les seuls fous, fan des Rouges. Mes cours d’anglais débutaient ainsi : «Je demanderais aux partisans du Canadien de bien vouloir sortir de la classe, nous allons faire la prière, pour que les Nordiques gagnent.»

J’ai vu les 2 premiers matchs, honteuse, au Colisée. Mon ami Thomas qui était Hextallien m’invitait juste pour se foutre de ma gueule big time : oui, oui, pas génial, votre Roy. On a cru à la Coupe sur la Grande-Allée… pendant deux semaines. Après 6 matchs, finalement, c’était paper cover rock : Roy gagne sur Hextall.

Le reste n’est que folie.

J’ai vécue ces séries soudée à la télé, isolée, un peu loin de la l’action, dans une ville en deuil qui suivait, avec moins de conviction que d’amertume, la parade. Je m’en foutais totalement, vivais un rêve. Roy était un Dieu, et, par sa perfection, nous donnait l’immunité.

Les ‘00

Le retour de Patrick Roy, samedi, est un acte noble, une affaire de hockey. Mais qui, pour blanchir et déifier le personnage demandait une certaine part d’oubli.

Une affaire de mémoire (sélective) collective.


Le hockey pour les filles
est une chronique mon amie Mimi. Mimi… question mémoire, le but de O’Byrne dans son but, ça va être dur à battre.

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Le hockey pour les filles: Je viens de Québec.

novembre 24, 2008

Par Miss Miller

MTL-Islanders, ce soir.

Je viens de Québec. Et j’en suis fière.

Le hockey pour les filles est une chronique pour mon amie Mimi. Non, je ne prennais PAS pour les Nordiques et je ne magasine pas chez Simons. Mais je lève le petit doigt quand je lève mon verre.

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Le hockey pour les filles: Kovy, Koivu et notes à moi-même.

novembre 22, 2008

Par Miss Miller
Boston-Montréal (retrait du 33)

Il y a des intouchables.

Si Gainey n’a pas échangé Koivu pendant ces 15 années de noirceur, il ne  l’échangera pas pendant le 100ième. Pas élégant. Et pas super marketing. Et pas mon point de toute façon.

Mon point est : team spirit is everything.

À chaque année, comme une litanie, la phrase est sur toute les lèvres, du tournois de golf jusqu’au jour où les joueurs viennent ramasser leurs bâtons dans le vestiaire (C’est mon bout préféré parce que tu vois comment ils s’habillent, en vrai!): «on forme une équipe tellement unie, on mange ensemble les jours de matchs, on va magasiner ensemble et blablabla.»

N’empêche, j’y crois.

Bonne équipe +Tanguay + Lang – Smolinski = meilleure équipe.
Manque t-il un Ryder pour mettre les problèmes sur le dos de ? Cette année le CH a commencé un peu cocky. Les partisans aussi. Les go-habs-go sur les bus, les t-shirts, les tuques…mais que la ville surévalue son équipe et qu’elle soit hockey-débile-malade-mentale-folle-finie-ça-sent-la-Coupe tant qu’elle veux, ce n’est pas grave, ce n’est pas elle qui dispute les matchs. (Oui, Mimi, ça aide que tu mettes tes souliers rouges.)

Montréal 2008-09, c’est la saison du CH.

Il y a tellement d’argent de mis sur cette année qu’on s’en croit propriétaire. Pas entendu parlé de diner d’équipe les jours de matchs, ni d’équipe, sauf pour dire qu’elle est si bonne… Mais j’ai entendu Lang se plaindre de son temps d’utilisation sur le powerplay (note à Lang, quand tu en auras 25, on s’en reparlera). C’est pas facile pour Bégin, non plus, ça l’air.  Pour Mathieu, pour Serguei. On pourrait presque copier-coller simplement le line-up. O’Byrne et sa confiance, c’est rien pour aider. Larak coordonne le département des batailles, ça l’air qu’on avait un poste ouvert, là et qu’on l’ignorait…

Gérer tous ces égos et ce talent, ça devait être un heureux problème. C’est devenu un méchant problème. Je dois être la seule naïve à croire que c’est pas l’équipe de marketing du 100 ans qui décide qui va avoir la Coupe !

Bien sûr, tout ça n’est que présomption parce que j’ai pas souper avec Kovy pour qu’il me parle de ses angoisses. Mais le signe est là. L’an passé, Gainey lui a parlé, il a eu de l’attention, on lui a donné le club puis le grand C et ça marchait. Les Sabres avaient compris ça, en 2006-07 avec Brière et Drury et ils sont allés loin en séries. Capricieux ? Puéril? Peut-être. Mais pour qu’il redevienne l’homme de l’an passé, je suis prête à lui coudre moi-même, son C. Je peux écrire capitaine, tout au long, de mes blanches mains. Repasser son jersey, attacher son foulard, lui mettre sa tuque. Faire son lunch, lacer ses souliers, aller le reconduire à l’école et lui lire une histoire.

Je peux même le border.

Il y a des intouchables. Des sujets, en fait.

Note à moi-même : Si tu veux pas mourir assommée à coup de planche, Miller, ferme ta g parle pas contre Saku.

***

(J’ai un syndrome d’opposition, c’est connu, j’ai attrapé ça à 3 ans, ma mère dit.)

Je ne m’obéis pas moi-même.

Saku c’est pas un grand leader.

Il s’est amélioré depuis le départ de son pot Rivet, d’accord.

Il symbolise la force à cause de sa lutte contre le cancer. Son engagement dans la communauté est indéniable, les gens l’aiment, il appris que c’est pas fou de baragouiner un mer-ci-bo-cou à la fin des entrevues. Je trouve même qu’il porte du beau linge.
Mais c’est pas un grand leader. C’est comme ça.  Ça ne l’empêche pas de compter des buts, ça l’empêche de transporter son équipe, de ramasser Larak par l’oreille et de mettre Robert Lang au coin avec les oreilles d’âne jusqu’à ce qu’il transforme ses chances de marquer en buts. Ou de convaincre Kovalev, de jouer pour lui.

This is not a trade situation. This is a C situation.
Et c’est pas tant, la faute à Koivu.

Note à moi-même : Patrick Roy, ça te tentait, pas…


Le hockey pour les filles est une chronique mon amie Mimi
qui la prête aujourd’hui. P., je me souviens que tu m’avais parlé de sujets intouchables.  Si tu penses que c’est risquer de parler contre le Dalaï-Lama…

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Le hockey pour les filles: Je suis Montréalaise.

novembre 22, 2008

Par Miss Miller
MTL-BOSTON

Le Rouge et Or de l’Université Laval vient de gagner la Coupe Vanier.

J’ai comme un élan de chauvinisme, une montée de fierté. Je ne me reconnais plus moi-même; depuis que Québec est devenue l’Adéquistan, je dis que je viens d’Abitibi-Témiscamingue. Ça fait une belle étoile dans le cahier du 400ième, ça. Yippi!

Alors là, c’est sérieux.

Si, le Canadien perd.
Si, les Alouettes échappent la Coupe Grey.

Je recommence à dire que je viens de Québec.


Le hockey pour les filles
est une chronique mon amie Mimi.
Mimi, tu sais, c’est pas tant que je ne suis pas fière de venir de Québec que je ne veuille PAS passer pour une fan(ne) des Nordiques. Ça porte porterait la poisse au CH.

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Le hockey pour les filles: Le syndrome Attawa ou pourquoi ça va tant mal

novembre 20, 2008

Ottawa, 2007.

Après 15 matchs, l’an dernier, j’étais prète à leur donner la Coupe Stanley sans plus de cérémonie. Ils étaient invaincus, les Sénateurs. 13 victoires en 15. La première place dans l’Est leur revenait de droit. No contest; on se battait pour la deuxième. Pendant les entraînements, dans leur chandails sobres et sombres, ils avaient l’allure d’une armée et faisaient front commun. Gerber portant le masque avec pas de peinture, symbole d’humilité, complétait le tout.

Puis, le désastre.

Ils sont allés, la pédale au fond, vers le fond du fond, 7 ièmes au classement, au mieux, au final.. S’ils avaient eu la chance d’éviter les playoffs, ils auraient au moins échappé à l’humilliante série contre Pittsburg qui leur en devait une.

Ma théorie? Ils avaient un cancer.

The Ray-j’ai-un-suit-bleu-pâle-et-des-bijoux-blingbling-Emery syndrome.

Yes Ma’ame. Un cancer qui s’est généralisé. Bagarres entre coéquipiers et autres tickets pour conduite dandeureuse, le gardien a été source de chaos toute l’année. Il a fini en Russie, dans la KHL. Passé à l’Est. Gerber n’étant pas un premier, l’équipe s’est écrasée. Une équipe ne gagne pas sans gardien.

C’est pas tant la chute qui compte, que l’atterrissage, disait-on dans la Haine.

Exactly my point.

Aujourd’hui, avec ou sans moustache, ils sont toujours l’ombre d’eux-même.

 

Montréal, 2008.

Peut-être juste qu’on volait haut, en début de saison, à Mourial, ce qui fait que le fracas est grand, quand survient la chute. Les slogans sur les autobus, les drapeaux sur les voitures, dur de tuer plus la peau de l’ours.. Comme des amoureux irrationnels en phase «infatuation», notre amour a une absence absolue de défauts. C’est une force d’avoir 3 trios avec pleins de mains. Mais son corollaire est la surabondance de leaders. Et quand il y a trop de chefs pour peu d’indiens, ça fait des malheureux.

Ou un cancer. 

Ça manque de feu. Et d’un grand Chef.

Je pense qu’il va falloir qu’Alex arrête de bouder, qu’il lâche la puck et le tricot et qu’il se lève. Un leader, ça conduit avec ou sans casque, vers le haut quand c’est content, sinon, vers le bas. Le Canadien est l’équipe de Kovy. Quand Kovy va bien, l’équipe vole et sky’s the limit. Quand Koivu va bien…bien Koivu va bien. Et on gagne pas plus. Souvenez-vous des séries, l’an passé…

Ça sent le combat de coq dans ce poulailler.

J’aimerais qu’on évite le syndrome Ray Emery parce que ça casserait le party du 100ième, de se faire sortir en 4, contre Attawa.

 

Le hockey pour les filles est une chronique pour mon amie Mimi. Mimi… Les Attawa se poussent la moustache pour contrer la léthargie…Bon bien nous, on va continuer à mettre nos souliers rouges.