
Le hockey pour les filles : hairdo ou grande dépression…
avril 29, 2008Playoffs - jour 20
Après 2 dégelées, avant la victoire
Par Miss Miller
On dirait qu’on a passé Hockeytown, ses banlieues et probablement le reste de tout le Canada au rouleau à gros poils. Avec de la peinture grise pas chère, je suppose, il y en a all over the place. Pire que gris, en fait. Il fait moyen, neutre, sale, moche. Le ciel est étouffant d’opacité. En retournant le carton de l’échantillon Sico, imprimé en lettres toutes aussi grises, il y aurait le nom de la couleur. Novembre.
Il fait tellement gris, soudainement, sur Montréal, que la morosité semble être un nouvel élément du tableau périodique composant l’oxygène. Deux défaites de suite et on oublie de se souvenir des belles choses, de profiter du moment.
Ou des plaisirs coupables. Et mon truc à moi, dans les playoffs, c’est… la question capillaire.
À l’aube de la vraie saison, les joueurs établissent des rituels. Signes de croix, tape aux chevilles, ordre d’entrée dans l’arène. Les joueurs ont tellement de codes, de fétiches, qu’on dirait un croisement entre une boutique X et un party d’anthropologues. Se faire pousser la barbe en est le chef de file, aussi classique que la robe noire ou Rubersoul des Beatles. Avec cette équipe dont la moyenne d’âge se situe au-dessous de notre glaciale température, j’imagine Sergei lever une main timide…’’C’est parce que moi, j’en ai pas, de barbe..’’
Solidaires, les Habs ont décidé de renouveler la tendance et passent à la tonte. Boule à zéro. Bra-vo! Et même si ceux qui venaient de se faire des mèches n’ont pas suivi, on sent l’idée du sacrifice.
Je trouve ça beau. La référence au guerrier qu’évoque la coupe Mohawk de Lapierre, Carey, Jaro et compagnie.
Et j’aime bien, la chevelure blonde de la coquette et têtue tête de Number 27, qui a cette année relevé le menton et décidé de jouer avec pas de casque. Une comète blonde?
Quand Latendresse se rase le crâne pour l’équipe, c’est du divertissement. Quand Koivu passe au rasoir, faisant du même coup clin d’œil à la tradition et pied-de-nez au cancer, je ne vois pas tant une coupe de cheveux qu’un homme qui se lève.
Je préfèrerais ne pas en voir 24, qui tombent.
Il fait triste, à Montréal, dans cette grisaille poste-défaite qui fait ressortir les mitaines et enlever les fanions. J’en ai marre de Philadelphie qui gagne nos matchs qu’on oublie d’aller chercher. Philly, ville de l’Amour Fraternel. Just fuckin’ kidding. Et just fuckin’ enough, la gentillesse. Ce soir, match pour hommes seulement.
____ Le hockey pour les filles est une chronique pour Mimi. En playoffs, Mimi, le hockey, c’est pas mal d’intimidation, d’intervention divine et gestion des poils. Le problème n’est pas tant dans le poil…



